Le député Hervé Cornillie a interrogé la ministre de l’environnement, Céline Tellier, sur le volet nature et environnement du dossier “Bernissart Lac”.

Contexte

Le Plan communal d’aménagement révisionnel du site « Bernissart Lac » comprend un projet de construction de 175 nouveaux logements aux abords du lac. Selon le député Hervé Cornillie, « ce projet impacte immanquablement la nature et l’environnement immédiat du site. La mobilisation des citoyens ne s’est d’ailleurs pas fait attendre et l’association « Natur’au lac » a vu le jour. »

Le plan révisionnel accompagné de son rapport d’incidences environnementales a été transmis à l’administration de l’environnement. Celle-ci disposait d’un délai de 60 jours, soit jusqu’au 19 avril 2021, pour remettre son avis sur le dossier.

Le député Hervé Cornillie a interrogé la ministre Tellier sur les résultats de cette analyse : « Quelle est l’analyse de l’administration ? Quel avis a-t-elle formulé ? Quelles sont les mesures de protection ou recommandations qui ont été suggérées ?  L’intérêt stratégique du site en tant que zone naturelle à grand intérêt biologique est-il confirmé et dûment pris en considération ? »

Avis favorable de l’administration

« À la suite de l’étude du dossier, mon administration a remis un avis favorable moyennant le respect d’un certain nombre de conditions. L’avis du DNF (Département de la Nature et des Forêts) et du DEMNA (Département de l’Étude du milieu naturel et agricole) a bien confirmé et mis plus en lumière encore l’intérêt biologique du site, mais principalement concentré sur la partie nord-est du site, au niveau du terril et de la friche attenante. », répond la ministre.

Le projet a ainsi été modifié : « cette modification prévoit d’inscrire une zone d’habitat restreinte à la zone sud du lac, dans la prolongation de la zone d’habitat existante et une petite partie de l’autre côté de la rue des Iguanodons. La zone de loisir sera également restreinte à une surface autour des installations d’accès au lac de Bernissart. Le solde du périmètre autour du lac sera inscrit en zone d’espace vert. La zone de lac reste inchangée. »

Le gain de zone d’espace vert sur les zones les plus boisées du sud de la rue des Iguanodons et du nord-est du lac permet de relativiser la modification du paysage et la perte des habitats naturels autour du lac.

Potentiel biologique faible pour certaines zones

Le potentiel biologique du plan d’eau et de ses berges est à l’heure actuelle assez faible : « une telle étendue d’eau devrait en effet normalement accueillir une diversité d’insectes (notamment des odonates) et d’oiseaux (ardéidés surtout) qui ne font pourtant que le fréquenter temporairement sans jamais s’y établir », précise la ministre. La friche où est prévue l’urbanisation présente un potentiel biologique assez faible également.

« Les parties dont le potentiel biologique est important feront l’objet d’une modification du plan de secteur, passant de la zone de loisir à la zone d’espace vert. Cette modification apportera donc une meilleure protection légale aux milieux qu’elle abrite et aux espèces qui la fréquentent. »

L’intérêt stratégique du SGIB (Site de grand intérêt biologique) « Lac de Bernissart et Terril Sainte-Catherine » est confirmé pour certaines zones du périmètre à revoir.

Le DNF contrôlera l’application des conditions et collaborera avec le Parc Naturel des Plaines de l’Escaut dans la renaturation d’une partie du SGIB et dans le suivi de ces mesures particulières.

« Je peux donc confirmer que rien n’a été laissé au hasard dans ce dossier sensible. », conclut la ministre Tellier.

You must be logged in to post a comment.