Ce vendredi 24 avril, le député Hervé Cornillie a interrogé la Ministre de l’environnement sur l’incinération des déchets hospitaliers dans le cadre de la crise du Covid19.

Contexte

La crise du Covid19 génère de nombreux déchets hospitaliers destinés à être incinérés, notamment en raison de leur dangerosité. Le traitement des déchets hospitaliers s’effectue via co-incinération. Ainsi, il est important que les flux des autres déchets entrant dans cette co-incinération se maintiennent, au risque de ne pas pouvoir éliminer les déchets hospitaliers. En raison de l’arrêt de nombreuses activités économiques dans ce contexte de confinement, ces flux sont en chute libre, suscitant l’inquiétude des gestionnaires d’incinérateurs.

Le député Hervé Cornillie a interrogé la Ministre de l’environnement sur le sujet : « Madame la Ministre pouvez-vous faire le point sur la production des déchets hospitaliers à l’époque du Covid19 ? Quelle augmentation recense-t-on ? Avec quel impact sur les filières de traitement ? S’agissant d’un déchet traité dans une filière de co-incinération, quelles mesures sont prises pour en assurer l’élimination effective alors que les autres intrants sont en chute libre ? Comme la Wallonie appréhende-t-elle la gestion des déchets du Covid19 ? ».

Situation sous contrôle

La diminution des flux des déchets entrants dans les installations d’incinération impacte la gestion des déchets hospitaliers de type B2 en particulier qui doivent être incinéré en même temps que d’autres déchets afin de pouvoir disposer du pouvoir calorifiques nécessaires. En cas de sous-alimentation, un four doit être arrêté et son redémarrage nécessite des interventions techniques qui risquerait d’être retardé en cette période de crise sanitaire. « Pour limiter ces risques, mon administration a fait le nécessaire pour limiter les exportations de déchets non ménagers et non dangereux incinérables en réduisant la durée des autorisations dans le respect de la réglementation européenne. », répond la Ministre Tellier. A savoir, la Wallonie n’exporte pas d’ordure ménagères bruts vers l’étrangers.

La Ministre préciser que « cette action n’a pas nécessité de suspension des dossiers d’exportation car les entreprises concernées se sont toutes engagées à réduire leurs exportations de déchets d’initiatives suite à la demande de l’administration qui veillera à ce que les engagements soient tenus. A cette fin un monitoring de la situation des incinérateurs et des engagements volontaires pris a été mis en place. Si la situation évolue et si cela s’avère nécessaire des décisions de suspension des exportations seront prises mais il est très peu probable que l’on doive en arriver là compte tenu de la réouverture des recyparcs. »

En raison de la crise Covid-19, le secteur médical est confronté à une augmentation des quantités de déchets à incinérer de l’ordre de 35%. Par exemple, les tonnages incinérés dans l’unité de valorisation énergétiques d’Ipalle sont passé de 140 tonnes par semaine en temps normal et à 190 tonnes par semaine entre le 6 et le 12 avril.

En parallèle les hôpitaux et les maisons de repos et de soins doivent également faire face à un risque de pénurie d’emballages spécifiques utilisés pour le stockage et le transport de leurs déchets. « C’est la raison pour laquelle, j’ai édicté une circulaire le 27 mars 2020 consacrée exclusivement aux implications de la crise sur les services de collecte et de gestions des déchets d’activités hospitalières et de soins de santé de classe B2. Cette circulaire contient notamment des consignes pour faire face aux déficits de contenant dédié aux conditionnements des déchets infectieux. Elle permet également de préciser la classification des flux de déchets hospitaliers sur base des avis scientifiques et professionnels recueillies afin de limiter les volumes de déchets de type B2 en toute sécurité. », explique la Ministre wallonne de l’Environnement.

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